Étudier les mathématiques en France, grâce à une bourse d’étude : un lauréat revient sur son expérience

Parti suivre sa deuxième année de master à Paris, grâce au soutien du Consulat général de France et de la Fondation Sciences Mathématiques de Paris (FSMP), Guillaume Laplante-Anfossi revient sur une année riche en apprentissage.

Entretien avec le lauréat québécois 2018 de la bourse Paris Graduate School of Mathematics (PGSM) :

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Guillaume Laplante-Anfossi, premier lauréat de la bourse conjointe Consulat général de france à Québec - FSMP Crédits - Jean-Pierre Rousseau
  • En quelques mots, quel bilan tireriez-vous de votre année de Master, financée par la FSMP et le Consulat ?

L’année 2018-2019 a été pour moi une année charnière. Très intense, riche en apprentissages nouveaux, elle a été le prélude à mes premiers pas en recherche. J’ai eu la chance de côtoyer certains des meilleurs mathématiciens au monde et d’apprendre d’eux. J’ai fait dans mes cours de topologie algébrique la rencontre du mathématicien Bruno Vallette, qui a été déterminante. Ce professeur m’a beaucoup stimulé et m’a accompagné tout au long de mon travail. Sa passion et sa science m’ont poussé vers la branche des mathématiques que j’étudie à présent de manière approfondie.

  • Pour vous, étudier en France représente t’il une valeur ajoutée ?

Pouvoir me consacrer à temps plein à la recherche mathématique est pour moi un objectif et un rêve qui se réalise. Pouvoir le faire à Paris, ville qui présente un nombre, une diversité et une qualité exceptionnelle de chercheurs dans tous les domaines (mathématiques fondamentales, physique théorique, logique, informatique) est une chance unique. Je suis très reconnaissant au Consulat et à la FSMP qui m’ont donné cette chance. Mon parcours actuel serait inenvisageable sans leur soutien.

  • Cette expérience vous a-t-elle permis de développer un réseau de contacts ?

J’ai acquis à Paris une certaine perspective sur les mathématiques. À travers des rencontres avec des chercheurs, des conférences et des cours, je suis parvenu à une certaine vue « d’ensemble » de la recherche actuelle. J’ai pu voir les « courants » principaux et m’initier aux sujets d’étude de prédilection de plusieurs disciplines, ce qui me semble essentiel dans ma formation. Il me reste, cela dit, énormément à apprendre ; il suffit pour cela de jeter un bref coup d’oeil à l’ensemble des cours de Master 2 offerts sur Paris, dont je n’ai pu suivre qu’une toute petite partie. Comme le disait si justement Victor Hugo : « Les mathématiques ne sont pas une moindre immensité que la mer ».

Paris est un carrefour : des étudiants et des chercheurs de partout dans le monde y passent. Je suis persuadé que les rencontres que j’ai faites cette année seront déterminantes pour la suite de mon parcours.

  • À ce propos, comment avez vous vécu cette année parisienne ?

J’ai été nourri tout au long de l’année par la vie culturelle de Paris. J’ai pu aller dans les musées et surtout assister à beaucoup de concerts à la Philharmonie, à Radio France et ailleurs. L’exposition intitulée « Hammershøi, le maître de la peinture danoise », présentée au musée Jacquemart-André, m’a fait grande impression. J’ai eu la chance d’assister à une représentation des opéras « Le Grand macabre » de Ligeti et « Samstag Aus Licht » de Stockhausen, que je rêvais de voir depuis longtemps.

Enfin, j’ai pu organiser et participer à un concert à la Maison des étudiants canadiens. Intitulé « À l’amitié France-Québec », il a réuni la violoniste Julie Rivest et le pianiste Tancrède Emerat, deux amis musiciens. Nous avons interprété des oeuvres de Haydn, Schubert, Schumann et Vivaldi. J’espère avoir la chance de contribuer de nouveau à la vie culturelle de Paris cette année. La musique constitue une part essentielle de ma vie.

  • Quelles sont vos perspectives pour l’année prochaine ?

J’entreprendrai d’ici quelques semaines mon doctorat sous la direction de Bruno Vallette, grâce à une bourse CoFund du programme MathInParis de la FSMP. Je serai codirigé par Eric Hoffbeck, chercheur au Laboratoire Analyse Géométrie et Applications de l’université Paris 13, qui m’a accompagné toute l’année, d’abord en tant que tuteur PGSM puis comme codirecteur pour mon mémoire de Master. Sa présence et son soutien, autant mathématique qu’extra-mathématique, ont été très importants pour mon adaptation et mon cheminement.

CANDIDATURE

Le premier appel à candidatures pour la rentrée 2020, destiné aux étudiants ayant suivi leurs cursus dans des universités hors de la France, commencera le 1er octobre 2019 ! Date limite de candidature : 22 janvier 2020 (23h59, heure de Paris).

Toutes les informations sur les conditions d’éligibilités et le dépôt de candidatures sur le site de la Fondation Sciences Mathématiques de Paris.

publié le 30/09/2019

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