Histoire des relations bilatérales entre la France et le Québec

Une relation directe et privilégiée

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Relations politiques et institutionnelles

Depuis plus de 50 ans, la relation directe et privilégiée entre la France et le Québec s’exprime à travers un dispositif diplomatique qui permet au Consulat général de France à Québec et à la Délégation générale du Québec à Paris d’assurer directement les communications de gouvernement à gouvernement.

Depuis 1977, les Premiers ministres du Québec et de la France se rencontrent ainsi en alternance en France et au Québec, tous les deux ans, pour fixer et adapter les objectifs et les priorités des relations entre les deux gouvernements. Ces Rencontres alternées des premiers ministres français et québécois se soldent généralement par la signature d’ententes bilatérales.

Au cœur des priorités des actions de la France et du Québec aujourd’hui figurent notamment la protection de l’environnement, l’égalité femmes-hommes, la francophonie, l’innovation, la jeunesse, l’éducation, le débat d’idées.

La coopération entre la France et le Québec est importante. Les champs de coopération privilégiés sont la culture, l’éducation, les échanges universitaires, la jeunesse, la science, les technologies, les partenariats entre collectivités locales. Cette coopération contribue au rayonnement des deux sociétés. Elle permet également l’établissement de réseaux d’échanges et de collaboration entre professeurs, étudiants, professionnels, universités, centres de recherche, artistes, élus... dans une logique de partenariat.

La commission permanente

PNG La Commission permanente de coopération franco-québécoise (CPCFQ) pilote la coopération et constitue le principal instrument de coordination des échanges entre les administrations françaises et québécoises. Chargée d’élaborer et de mettre en œuvre une programmation biennale d’activités de coopération franco-québécoise, en fonction des thèmes cibles et des priorités définies par les gouvernements québécois et français, la CPCFQ encourage l’essor de nouveaux projets s’appuyant sur une étroite collaboration entre les partenaires.

Depuis le milieu des années 1990, des collectivités territoriales françaises manifestent leur volonté de mener leur propre coopération avec l’étranger, notamment avec le Québec. Les gouvernements français et québécois, souhaitant s’adapter à cette nouvelle réalité, ont encouragés la coopération décentralisée. Les liens entre la France et le Québec ont été formalisés par la signature de plans d’action conjoints par les présidents de conseils régionaux et la Délégation générale du Québec à Paris (DGQP). Certains de ces plans d’action couvrent presque toutes les dimensions de la coopération franco-québécoise, tandis que d’autres revêtent davantage un caractère économique. Enfin, le Fonds franco-québécois pour la coopération décentralisée (FFQCD) constitue un levier important sur toute la coopération entre les collectivités territoriales françaises et québécoises.

Mobilité étudiante

La coopération universitaire entre la France et le Québec est ancienne, forte et très diversifiée. Elle a débuté au début des années 1960. L’entente entre le Québec et la France sur un programme d’échanges et de coopération dans le domaine de l’éducation, signée le 27 février 1965, lui a donné un cadre institutionnel formel et a fondé cette coopération sur des principes de parité et de réciprocité.

Grâce aux ententes et accords conclus, les étudiants français et québécois bénéficient dans le pays d’accueil, pratiquement des mêmes droits et avantages que dans leur pays d’origine (protection sociale et droits de scolarité identiques). De plus, les étudiants français et québécois qui participent à des programmes d’échanges (ou mobilités encadrées) n’ont aucun droit de scolarité à payer dans l’université d’accueil. Ils payent leurs frais d’inscription uniquement dans leur université d’attache (dans leur pays d’origine).

Le Québec accueille plus de 90% des étudiants français au Canada. Dans la période récente, leur nombre augmente au rythme d’environ 10% par an. Chaque année, le Québec accueille environ 12 000 étudiants français. A ces étudiants s’ajoutent environ 1100 post-doctorants français. Le nombre d’étudiants québécois en France est de l’ordre de 1500 nouveaux chaque année (visas ou échanges de moins de 3 mois). De plus, plus de 200 doctorants québécois ont effectué des séjours en cotutelle dans des universités ou laboratoires français ; ce nombre est en augmentation régulière et au total, plus de 1500 doctorants québécois ont effectué une partie de leur thèse en France depuis 10 ans.

Culture

Le service culturel du Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) du Consulat général de France à Québec soutient des projets dans les domaines des arts de la scène, des arts visuels, de l’audiovisuel, de l’écrit et dans le domaine de la coopération éducative et linguistique. Il met en relation des acteurs des paysages culturels français et québécois afin de pérenniser et renforcer la relation franco-québécoise. Cette dernière accorde une place prépondérante aux échanges qui mettent en place des coproductions, des résidences d’artiste au service de la jeune création contemporaine.
En savoir plus : L’action culturelle

Francophonie

Les actions du SCAC touchent également la valorisation de la francophonie et s’articulent autour de trois volets principaux : la mise en œuvre des décisions prises lors de la 67ème commission permanente dans le domaine culturel, le soutien aux associations de professeurs de français en permettant à des professeurs français d’assister au congrès de l’Association québécoise des professeurs de français et l’Association québécoise de l’enseignement du français langue seconde, les partenaires institutionnels français
En savoir plus : Francophonie

Relations économiques

En matière économique, le principal mécanisme institutionnel favorisant la coopération franco-québécoise est le Groupe Franco-Québécois de Coopération Economique (GFQCE). Créé en 1974 par les premiers ministres Robert Bourassa et Jacques Chirac, le GFQCE réunit tous les ans des représentants des gouvernements québécois et français pour étudier les sujets de coopération économique sur des secteurs prioritaires communs, avancer sur des dossiers d’actualité et préparer le volet économique de la Rencontre alternée des premiers ministres. Il soutient également plusieurs initiatives mettant en relation des partenaires économiques français et québécois.

JPEGRobert Bourassa et Jacques Chirac, signant les accords de coopération.
(Source : Québec international, vol. 2, no 12, ministère des Affaires intergouvernementales, décembre 1974).

Le réseau français d’appui à la collaboration économique, au commerce extérieur et à l’investissement est relativement bien étoffé au Québec :
- Le Service économique de Montréal, qui appartient au réseau international de la Direction Générale du Trésor (DG Trésor) du Ministère de l’Economie et des Finances représentent les administrations économiques et financières de la France au Québec.
- Business France, l’agence pour l’internationalisation de l’économie française, dont le bureau de Montréal (une quinzaine d’agents) fait partie du réseau nord-américain, propose notamment le Programme Industriel France-Québec (PIFQ), dispositif de soutien aux partenariats industriels et aux transferts de technologie entre PME, cofinancé par Business France et par le gouvernement québécois ;
- la Chambre de commerce et d’industrie française au Canada (CCIFC), dont le siège est à Montréal, assure l’animation de la communauté d’affaires et propose également des services d’hébergement de PME ; une antenne à Québec a commencé ses activités en 2016 ;
- le comité des Conseillers du Commerce Extérieur de la France (CCEF) pour le Canada, qui, au-delà de leur mission classique de renseigner les pouvoirs publics français sur le contexte économique local, peuvent assurer des missions de mentorat et parrainage d’entreprises françaises.
La coopération économique est également favorisée en France par les activités du Cercle des dirigeants d’entreprises franco-québécois, un lieu privilégié de rencontres pour les dirigeants d’entreprises québécoises en France et les dirigeants d’entreprises françaises qui évoluent sur le marché québécois.

En ce qui concerne les échanges de biens, le Québec demeure, en 2019, la principale province partenaire de la France au Canada (43,6 % des échanges France-Canada). Selon les derniers chiffres de l’Institut de la Statistique du Québec, les échanges commerciaux entre la France et la province du Québec continuent leur croissance entamée en 2017 (+ 6,5 %) et 2018 (+14,1 %) pour atteindre 5,35 Mds CAD (3,60 Mds €) en 2019 (+ 11,2 %). Les exportations de produits français vers le Québec s’établissent à 3,83 Mds CAD (2,58 Mds €) en 2019. Le secteur aéronautique reste très important pour les deux partenaires (21,9 % des échanges totaux de biens en 2019).
Du côté des produits français, les industries vinicoles, pharmaceutiques et cosmétiques constituent les autres principaux secteurs d’exportation alors que du côté québécois, ce sont surtout les exportations de minerais de fer qui mènent les échanges. Parmi les pays de l’Union Européenne, la France est, en 2019, le 2nd fournisseur et le 2ème client du Québec (derrière l’Allemagne). Entré en vigueur de manière provisoire en septembre 2017, l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union Européenne (Accord Economique et Commercial Global (AECG-CETA)) a permis de lever la quasi-totalité des droits de douanes et devrait servir de moteur à la croissance des échanges.

La relation est aussi étroite dans le domaine des investissements. En 2018, la France est le deuxième investisseur étranger au Québec derrière les Etats-Unis selon Investissement Québec. Avec plus de 400 filiales, la présence française est visible dans presque tous les secteurs d’activité. L’organisme de développement économique Montréal International estime que les entreprises françaises font travailler près de 30 000 personnes au sein de 300 filiales dans la grande région de Montréal. De l’autre côté de l’Atlantique, environ 150 entreprises québécoises installées en France emploient 10 000 personnes.

En savoir plus : Attractivité économique

Immigration

En matière d’immigration, les Français représentent le contingent le plus important pour le Québec : en quatre décennies, plus de 100 000 Français se sont établis au Québec contribuant ainsi à la préservation de la spécificité linguistique du Québec et à son essor démographique. Cette immigration est en hausse, le Québec ayant accueilli près de 16 000 ressortissants français au cours des cinq dernières années.

Accord de reconnaissance mutuelle des diplômes entre la France et le Québec (2008) : texte de l’accord

Tourisme

Pour le tourisme, la France est toujours le premier marché européen en importance pour le Québec, qui accueille, de 250 000 à 350 000 touristes français par année. Les deux gouvernements coopèrent par ailleurs activement en vue de bonifier leur offre respective.

En savoir plus : le site Atout France

A réécouter : La relation France-Québec, 50 ans après la visite du Général de Gaulle. Entrevue de Laurence Haguenauer le 21 juillet 2017 à la radio de Radio-Canada.
https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/midi-info/episodes/386010/audio-fil-du-vendredi-21-juillet-2017/12

publié le 27/08/2020

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