Le physicien Louis Taillefer reçoit le prix Adrien-Pouliot 2018

Le prix Acfas Adrien-Pouliot 2018, pour la coopération scientifique avec la France, est remis à Louis Taillefer, professeur au Département de Physique de l’Université de Sherbrooke.

Le prix Adrien-Pouliot a été remis ce mardi 13 novembre lors du 74e Gala de l’Association francophone pour le savoir. Parrainé par le Consulat général de France à Québec et le ministère des Relations internationales et de la Francophonie, ce prix est décerné à une chercheuse ou à un chercheur pour souligner l’excellence et le rayonnement de ses travaux et de ses actions menés en collaboration avec la France.

Louis Taillefer, lauréat 2018 du prix Acfas Adrien-Pouliot

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Laurence Haguenauer, Consule générale de France à Québec et Louis Taillefer, lauréat du prix Acfas-Adrien Pouliot 2018
Crédits photo : Acfas - Hombeline Dumas

Comprendre cette capacité de certains matériaux à transporter l’électricité sans aucune perte : voilà ce qui est au cœur des recherches du lauréat. C’est aussi l’un des plus importants défis de l’heure en physique quantique. Pour le moment, la supraconductivité se produit à des températures très basses, mais l’un des matériaux les plus prometteurs, l’oxyde de cuivre ou cuprate, est dans la mire du lauréat depuis 20 ans. Et plusieurs des plus importantes découvertes de sa carrière sont le fruit d’étroites collaborations avec des équipes françaises.

En 1986, Louis Taillefer soutient une thèse de doctorat sur le magnétisme des métaux, réalisée au Laboratoire Cavendish de l’Université de Cambridge, en Angleterre. Puis, en 1987, pour son 2e postdoctorat, il traverse la Manche et intègre le Centre de recherche sur les très basses températures du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), à Grenoble. Il passera les quatre années suivantes dans cette institution avant de poursuivre sa carrière à l’Université McGill (1992-1998), puis à l’Université de Toronto (1998-2002). À l’été 2002, il rejoint l’Université de Sherbrooke, et c’est à partir de ce moment que démarrent réellement ses nombreuses et fructueuses collaborations franco-québécoises.

Rappelons d’entrée de jeu que trois des plus importantes découvertes de sa carrière émergent de collaborations avec deux équipes de France. Les deux premières proviennent de sa longue coopération avec Cyril Proust, son ex-stagiaire postdoctoral devenu directeur de recherche au CNRS, au Laboratoire national des champs magnétiques intenses, à Toulouse. Les travaux de recherche de de Louis Taillefer et Cyril Proust se sont avérés des éléments clés pour comprendre ce qui cause la supraconductivité exceptionnellement robuste des cuprates.

La troisième découverte, toute récente et encore non publiée, est issue d’une nouvelle collaboration, cette fois avec Thierry Klein et Christophe Marcenat de l’Université de Grenoble-Alpes. Il s’agit des travaux de doctorat de Bastien Michon, un étudiant en cotutelle Sherbrooke-Grenoble, qui donnent une piste sur comment renforcer la supraconductivité.

Depuis, ses recherches se poursuivent et les collaborations avec la France continuent de se multiplier.

En conclusion, on peut avancer sans l’ombre d’un doute le caractère durable et structurant de ses relations avec des équipes de chercheurs français. Et cela s’illustre, entre autres, par les 26 articles scientifiques publiés avec 13 chercheurs français en provenance de cinq laboratoires différents, dont Grenoble, Paris et Toulouse. Mais aussi, et surtout, par la formation d’une trentaine de jeunes chercheurs français dont plusieurs occupent maintenant des postes importants en France. Plusieurs jeunes chercheurs du Québec ont aussi grandement bénéficié des collaborations franco-québécoises de Louis Taillefer, en particulier pour l’accès privilégié aux champs magnétiques intenses.

Pouur en savoir plus sur les travaux de M. Taillefer, rendez-vous sur le site de l’Acfas.

publié le 27/11/2018

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