Lorraine Pintal faite Chevalière dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

Laurence Haguenauer, Consule Générale de France à Québec, a honoré hier le parcours exceptionnel de Lorraine Pintal. Son travail au sein du Théâtre du Nouveau Monde en tant que directrice générale et artistique en fait aujourd’hui l’une des « institutions culturelles de langue française les plus importantes en Amérique du Nord ».

D’abord comédienne, puis auteure, ainsi que codirectrice, réalisatrice, coordinatrice, metteure en scène et animatrice de radio, la Québécoise aux multiples talents cumule les expériences et inscrit durablement tant sur les planches qu’en dehors, un engagement indéfectible aussi artistique que politique.

Sauvetage du TNM

En 1992, après 15 années passées au Théâtre du Nouveau Monde (TNM), elle en prend les rênes et se lance l’objectif ambitieux de « renouveler l’image de marque de l’institution, en plus de rétablir sa santé financière ». Elle parvient à redresser le bilan et rénover la structure.

Comme le souligne Jean St-Hilaire, « elle a veillé au rayonnement international du TNM par des initiatives de coproduction, d’échange de spectacles et d’accueil de grands succès étrangers. »

Engagement citoyen féministe

Lorraine Pintal n’est pas seulement la première femme à diriger le grand théâtre montréalais, elle est aussi la personne à laquelle il a été confié le plus long mandat de l’histoire. Porte-parole et féministe engagée au sein de la communauté, elle mène des projets de théâtre avec l’Institut en santé mentale de Montréal, et le Théâtre Aphasique.
Elle siège notamment aux conseils d’administration de la Chambre de Commerce du Montréal métropolitain pendant cinq ans, du Partenariat du Quartier des Spectacles, de Télé-Québec et du Mouvement national des Québécois et Québécoises.

Implication européenne

Dans la lignée de Jean Vilar et du « théâtre élitaire pour tous » elle parvient à toucher l’Europe. « L’une des plus grandes metteures en scène du Québec » à qui on reconnait plus de 150 réalisations se produit de l’Irlande à l’Italie. Tant au théâtre qu’à l’opéra, la France est conquise et la langue de Molière est sauve.

« Ne manquait plus alors que la reconnaissance du pays avec lequel vous avez tant collaboré et où votre rêverie aimerait vous voir savourer vos vieux jours dans un hameau de Provence … », a conclu Laurence Haguenauer, en décorant Mme Pintal.

publié le 14/06/2019

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