Un jeune chercheur québécois s’engage en France pour le climat

Il avait été le premier scientifique canadien sélectionné dans le programme Make Our Planet Great Again, lancé par le Président Emmanuel Macron en 2017. Parti en mars 2018 pour une période de quatre ans, ce chercheur québécois nous raconte sa première année passée au sein du laboratoire Géosciences Paris Sud (GEOPS) de l’Université Paris Sud-Paris Saclay.

Entretien avec le Docteur Frédéric Bouchard, géologue.

Vous êtes arrivé en France en mars 2018, soit il y a presque un an. Comment s’est passée votre première année, tant à Paris qu’au sein de votre laboratoire ?
« Ma première année s’est globalement très bien passée. Après quelques difficultés administratives, sur lesquelles le laboratoire m’a bien aidé et soutenu, je suis arrivé en France où j’ai rapidement pris mes fonctions. J’ai fait le choix de résider à Paris, choix plus coûteux certes, mais que je ne regrette pas : Paris a tellement de richesses culturelles à offrir, c’est vraiment une ville formidable.

Au sein de mon laboratoire d’accueil, tout s’est aussi très bien déroulé : j’ai réussi à trouver ma place dans l’équipe assez rapidement, notamment grâce aux nombreuses activités de « team building » proposées par le laboratoire (équipe de foot, lasergames etc…). J’apprécie particulièrement le côté assez informel et convivial de notre équipe, qui aide à la cohésion du groupe. De manière générale, je suis vraiment ravi de travailler au sein de GEOPS.

Parlez-nous de votre projet, et de ses avancées :
« Je fais partie de l’équipe « Géomorphologie Planétaire ». Notre but est de comprendre l’importance et la dynamique des gaz à effet de serre dans les milieux aquatiques en zone de pergélisol en Yakoutie centrale (Sibérie). En septembre dernier, nous avons fait une session mémorable de deux semaines de terrain, en Sibérie. C’était une expérience incroyable. Nous avons pu récupérer des échantillons d’eau de lacs de Sibérie, qui sont présentement en train d’être analysés. 2019 sera aussi une année de terrain : nous comptons retourner trois fois en Sibérie, au printemps, à l’été et en hiver. De cette manière, nous aurons des échantillons prélevés à différentes périodes de l’année, nous permettant ainsi d’avoir une vision globale des émissions de gaz par ces milieux aquatiques, et d’observer et comprendre les variations d’une saison à l’autre.

Pour l’instant nous avons une ou deux publications en cours de rédaction sur ce sujet, ce qui est déjà très positif. D’ici 2020 elles seront très probablement publiées, et j’aurai aussi eu l’occasion de présenter nos résultats dans deux congrès à l’international. »

Quelles sont vos missions annexes, hormis ce projet de recherche ? Enseignez-vous ? Encadrez-vous des étudiants ?
« Je supervise une étudiante en thèse de doctorat, sur ce même sujet. Elle a débuté son projet en octobre dernier, en provenance de Californie. D’autre part, mon contrat ici n’inclut pas d’enseignement (seulement de la recherche), mais je prévois de faire quelques interventions dans les cours de mes collègues maîtres de conférences. »

Comment envisagez-vous la suite de votre carrière, une fois que votre contrat de quatre ans sera terminé ? Envisagez-vous de rester en France, de passer des concours pour devenir chercheur ?
« J’ai complété ma demande de qualification pour devenir maître de conférences, pour pouvoir enseigner aux étudiants tout en continuant mes activités de recherche. J’envisage aussi de tenter les concours du CNRS l’année prochaine. Le manque de postes académiques dans les métiers de la recherche est un réel défi en France, comme dans de nombreux pays. Aussi, je reste ouvert à toutes les opportunités ; si un poste se libère en France, je postulerai, même chose au Québec, aux États Unis… Cela dépendra vraiment de la disponibilité des postes proposés et de leur adéquation avec mes propres intérêts de recherche. »

Si vous deviez nous faire un rapide bilan du programme Make Our Planet Great Again, qui vous a offert cette opportunité de partir mener votre projet de recherche en France, que diriez-vous :
« C’est un super programme, cela a vraiment été une superbe opportunité pour moi. Je ne regrette vraiment pas de m’être lancé dans cette expérience. La seule petite ombre que je retiens, ce sont quelques difficultés administratives que j’ai pu rencontrer à mon installation pour la mise en œuvre de mes travaux de recherche (commandes de matériel, missions). Sinon, c’est un sans-faute. »

Plus d’information sur le programme Make Our Planet Great Again sur le site du MOPGA

publié le 25/02/2019

haut de la page